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HISTORIQUE

L’idée de doter l’Afrique de l’Ouest Occidentale Française d’un institut de recherche scientifique susceptible de coordonner des travaux, d’utiliser et de conserver de la documentation et des collections remonte à 1931, année de l’exposition coloniale de Vincennes à Paris. La création de l’Institut Français d’Afrique noire a été  établie par l’arrêté n° 1945 du 19 août 1936. Albert Charton, inspecteur général de l’enseignement public, en fut le fondateur. La décision n° 1958 du 20 août 1936 du gouverneur Jules Brévié affectait l’hôtel de l’administration de la circonscription situé place de l’étoile ( ex-place Tascher aujourd’hui place Soweto ) au siège et bureaux de l’IFAN, à la direction générale de l’enseignement, à la bibliothèque-archives-musée. Un jeune chercheur dahoméen, Alexandre Adandé, est alors affecté au projet de musée dont la fonction est d’abriter des collections d’artefacts archéologiques, préhistoriques et ethnologiques. Le musée de Dakar, dès sa création, s’est voulu représentatif de l’art et de la culture matérielle de l’Afrique Occidentale Française.

Dès 1865, certaines de ces collections avaient été présentées à Saint-Louis par Faidherbe, initiateur d’une exposition sur l’agriculture, l’industrie, l’ethnologie et l’histoire naturelle qui fut transférée à Dakar en 1869. En juillet 1938, sur proposition du professeur Marcel Griaule, le poste de secrétaire général de l’IFAN fut confié à Théodore Monod, assistant au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Dans son rapport du 30 avril 1938, T. Monod énonçait des problèmes d’installation matérielle, de personnel et de fonctionnement. Les années de la seconde guerre mondiale (1938-1945) constituèrent paradoxalement une période de développement pour l’IFAN. En 1941, Georges Duchemin fut affecté à Dakar. Cet assistant formé au Musée de l’homme de Paris prit en charge la section ethnologie. Le travail d’enregistrement des premières collections débuta au cours de l’année, sous la houlette d’Alexandre Adandé et de Bodiel Thiam. Avant la fin de la guerre, des filiales de l’IFAN furent créées à Saint-Louis, en Guinée, au Soudan (actuel, Mali), au Dahomey (Bénin), au Cameroun et en Côte d’Ivoire. L’IFAN poursuivit son essor avec un accroissement de ses moyens et un renforcement du personnel. L’arrêté n° 4638 lui donne une autonomie au sein du service de l’enseignement. Le développement continu de ses structures, l’adaptation au contexte politique et les orientations de l’enseignement et de la recherche  ( détachement des archives de l’IFAN, création de l’Institut des Hautes Études devenu en 1957 Université de Dakar, vote de la loi Cadre, création de l’Office de la recherche scientifique, etc. ) entraînent, au cours de l’année 1959, son rattachement à l’université qui fut plus tard baptisée université Cheikh Anta Diop. En 1960, l’institut s’installe dans les nouveaux locaux construits sur le campus universitaire. Le palais de la Place Tascher est entièrement affecté au musée dont les collections se sont enrichies dans les années cinquante. Celles qui sont consacrées à la préhistoire et à l’archéologie sont désormais conservées au siège de l’IFAN, sur le campus universitaire.

En 1961, à l’initiative du Dr Abdoulaye Ly, directeur Adjoint de l’IFAN, Bodiel Thiam, devenu conservateur, organisa les salles du Musée. Puis le Festival des arts nègres de 1966 repensa les expositions permanentes. La scénographie adoptée dans les salles du bâtiment principal y est volontairement didactique. Elle vise à restituer le contexte social et religieux dans lequel les objets ont été créés sans pour autant nuire à leur qualité esthétique. Ils sont présentés par des dioramas et de grandes photographies en noir et blanc.

A partir de 1992, les travaux de rénovation et le montage réalisé par l’équipe du musée ont permis une nouvelle présentation des collections. Par ailleurs, il faut noter qu’en 1991, le musée a bénéficié d’une extension avec la construction d’un nouveau bâtiment, imitant le style architectural néo-soudanais de l’ancien palais. Il est ainsi doté d’une grande salle de 620 m2 destinée aux expositions temporaires notamment d’art contemporain. Le musée a, grâce à ses nouveaux espaces, accueilli dès décembre 1992 la Biennale internationale des arts. Il dispose également de locaux pour les services administratifs et techniques, d’un auditorium et d’un centre de documentation.

En 2007, le musée est renommé musée Théodore Monod d’Art africain, puis à l’occasion du FESMAN en 2010, il est rénové avec une nouvelle scénographie orientée par une approche muséographique mettant en valeur la richesse culturelle artistique et technologique des sociétés traditionnelles d’Afrique. Aujourd’hui, le musée promeut la recherche scientifique et artistique avec l’organisation  de séminaires de recherche, de workshops, de conférences, d’ateliers, de journées d’étude, d’expositions temporaires. Sa mission principale est de devenir un espace de vie, de partage, de rencontre, de discussion, de création et d’éducation. En faisant dialoguer création et patrimoine, le musée entend donner une nouvelle lecture à ses collections. Il revisite ses archives et redéfinit son rapport à l’histoire des collectes et des savoirs qui les ont constitués.